TDM tandem

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Du 13 au 27 Mai 2015 : Le Sud de l'Equateur

Après Quito, nous entrons dans ce qui est communément appelé l’allée des volcans.

De même que la Colombie, l’Equateur est composé de trois zones parallèles que l’on retrouve du Nord au Sud du pays : une zone côtière, une zone montagneuse (les Andes) et enfin l’Amazonie à l’Est. Nous avons beaucoup hésité sur la route à prendre et avons finalement opté pour les montagnes, c'est-à-dire l’allée des volcans qui s’étend de Quito à Riobamba.

 

Notre premier objectif après Quito est donc d’atteindre le parc National du Cotopaxi, le plus haut volcan actif du monde qui culmine à 5897m. L’équateur reste fidèle à lui-même et la piste qui mène au parc est non seulement en cobble-stone (secousses garanties) mais les pentes sont en plus immondes et le fort vent de face ne nous aide pas : il faut régulièrement pousser le tandem ce qui n’est pas des plus reposant. Nous arrivons tout de même dans le parc du Cotopaxi, au pied du volcan, dans une belle plaine d’altitude qui nous fait penser au Ladakh à la différence que les pistes du Ladakh étaient bien plus adaptées au cyclotourisme !! En toile de fond, le Cotopaxi dont le sommet ne nous sera jamais totalement dévoilé mais qui n’en reste pas moins impressionnant avec ses neiges éternelles et ses roches volcaniques noire et rouge. Au premier plan, plus d’une centaine de chevaux sauvages et des lichens qui recouvrent le moindre rocher.

 

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Piste d'accès au parc du Cotopaxi


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Cotopaxi voilé


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Chevaux sauvages dans la plaine du Cotopaxi

 

Nous prenons la direction de la lagune Limpiopungo située dans le parc et trouvons un camping à proximité où nous nous installons en début d’après midi. Nous avions espéré un temps réaliser l’ascension  du volcan avec un guide de haute montagne mais l’intégration de ce plan dans notre parcours n’était pas des plus facile et Elise affichait une certaine modération à s’essayer à l’andinisme. Nous espérions donc finalement rejoindre le glacier à 5000m le lendemain matin. Manque de bol, la météo est juste exécrable à notre réveil : pluie, ciel noir et brume qui ne nous permettent même pas d’apercevoir la moindre parcelle du volcan dont nous sommes pourtant à la base. C’est donc un peu déçus que nous continuons finalement notre route à commencer par une longue redescente pour rejoindre la panaméricaine dans le froid et le crachin, qui ne nous motive pas vraiment à pédaler.


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Camping peu après le lac Limpiopungo


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Ce n’est pas grave, à peine rejoint que nous quittons aussi tôt la panaméricaine pour notre prochaine destination, la lagune Quilotoa. Mais pour l’atteindre…. bah comme dab il faut monter encore et toujours. Mais qui dit beaucoup de montées dit aussi beaucoup de descentes…. Malgré les nombreuses pauses refroidissement à l’eau, nos plaquettes de frein supportent assez mal les descentes répétées et à forte pentes et leur rythme de consommation s’est nettement accéléré, nous prenant presque de cours ! La route est jolie, on chemine dans d’immenses vallées. La pauvreté refait son apparition et certains villages nous paraissent un peu glauques et sans vie. Nous sommes impressionnés par le fait que les équatoriens sont partout, chaque flanc de montagne comporte toujours quelques bicoques et ce quelque soit l’altitude.  L’ascension se termine encore une fois par une section très raide et l’altitude (presque 4000m) nous fait nous arrêter très régulièrement. Cette section est créée de toute main par l’homme qui a taillé tant bien que mal une route au milieu de sommets escarpés.

 

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En direction de Sigchos


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Fin de la montée sur une route artificielle

 

Nous arrivons enfin à Quilotoa, le premier bourg où nous ressentons un (tout) petit peu de tourisme depuis le début de l’Amérique du Sud. Soyons réaliste, tourisme reste un bien grand mot. On est bien loin de l’Asie du Sud Est et par exemple du Myanmar censé s’ouvrir à un tourisme balbutiant… On essaye de nous faire payer un droit d’entrée pour accéder au petit village qui donne accès au volcan, mais nous n’adhérons pas au principe et refusons jusqu’à ce qu’on se désintéresse de nous et nous laisse passer… (il suffirait de pas vouloir payer pour ne pas payer, étonnant mais intéressant…). Quilotoa est en fait un volcan situé dans la Sierra Centrale dont le fond du cratère contient une grande lagune au bleu profond. Nous y restons un jour pour effectuer le tour de la caldeira à pied ce qui prendra un peu plus de temps que ce qu’il y parait. Les vues sont grandioses depuis le chemin en crête : à notre droite la lagune en contrebas, à notre gauche, une vue étendue sur toutes les vallées environnantes. On prend conscience de l’immensité de ces Andes que nous parcourons en vélo. Pour finir, on descendra les 300m de dénivelé nous menant au fond du cratère pour admirer la lagune de plus près. Les locaux ont développés une activité qui marche bien : attendre les touristes au pied de la lagune et les remonter en haut du cratère à dos de cheval, on les voit dévaler la pente assez raide à toute vitesse avec leurs canassons pour pouvoir trouver un nouveau client.


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Lagune Quilotoa


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Sur la caldeira


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Vue sur les vallées environnantes depuis la crête


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Au fond du cratère

 

Dans les environs, nous apprécions toujours autant les tenues si spécifiques des Serranos. Ici, le code vestimentaire des femmes est plus uniforme : jupe et collant (malgré le froid assez vif de l’altitude), une sorte de plaid sur les épaules qui retombe jusqu’à la taille et l’éternel chapeau noir, marron ou vert, parfois orné d’une plume de paon, que porte également souvent les fillettes. Bien souvent, les femmes ont aussi des chaussures à petit talon, ce qui nous parait peu adapté vu l’activité agricole de la plupart. Ici, rien ne sert de parler l’espagnol pour percer les discussions entre locaux car ils parlent Quechua !

 

Après cela, une belle route aux paysages ouverts nous conduit  à la ville de Ambato, à travers des pans de montagnes recouverts de quelques cactus et de dizaines de culture différentes. La moindre parcelle est cultivée. Les moins chanceux (et ils sont nombreux) ont hérité de terrain aux pentes « verticales ». Mais si une machine serait bien incapable de passer là, l’homme semble pouvoir toujours en faire son affaire.

 

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De Quilotoa à Ambato


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Elise aura ce soir là le malheur de s’aventurer sur une propriété pour demander à y planter la tente pour la nuit. Je la vois revenir en hurlant poursuivie par trois chiens qui ne plaisantent pas et lui sautent dessus de façon impressionnante… Par chance c’est la doudoune et la veste de pluie qui amortiront les coups de croc de ces foutus bestiaux, passés à deux doigts du dos d’Elise. Une grosse frayeur et quelques coutures malheureusement plus étanches ! On y a laissé des plumes de doudoune !

 

A Ambato, nous restons deux nuits dans notre première « casa de ciclistas », tenue par Leonardo et sa famille. Ce principe est spécifique de l’Amérique du Sud. Il existe en général deux ou trois maisons par pays qui accueillent les cyclovoyageurs. Pour vous dire à quel point « ces casa de ciclista » sont réputées parmi les cyclotouristes, nous retrouvons entre autre dans le livre d’or un mot de deux cyclistes allemands que nous avions croisé il y a huit mois au Ladakh, en Inde !

 

Nous repartons de Ambato, direction le volcan Chimborazo qui a longtemps été considéré à tort comme le plus haut sommet du monde avec ses 6268m. Il s’agit en fait d’une astuce, s’il n’est pas le plus haut sommet du monde, le sommet du Chimborazo est bien le plus éloigné du centre de la terre du fait qu’il est très proche de la ligne de l’équateur et du fait de la forme ellipsoïde de la Planète (aplatie aux pôles). On vous rassure, promis, après celui là, on arrête les volcans ! Mais il fallait bien profiter du fait que nous soyons dans l’allée des volcans et le Cotopaxi ne nous avait pas permis de nous rendre à la limite de la neige à cause de la météo ce que nous voulions donc tenter à nouveau sur le Chimborazo. La route menant au parc monte dans un canyon en suivant un cours d’eau et pour une fois, le revêtement et la pente sont tout à fait honorable.

 

Nous traversons d’authentiques petits villages. A l’heure de l’école, les enfants arrivent en uniforme. Ici, souliers vernis, poncho rouge et chapeau habillent les écoliers tout badrus (visages tout sales) qui viennent acheter quelques bonbons à 5 centimes avant de rentrer dans la cour. Les parents eux semblent vivre du lait de leurs vaches. On voit à tous les coins de champs des hommes ou des femmes traire leurs animaux puis déposer le lait le long de la route pour qu’il soit récupéré par la camionnette qui transporte le lait cru. Une parenthèse dans notre montée avant d’arriver dans le monde des vigognes (animaux ressemblant aux lamas sans les poils) que l’on peut voir de partout sur les pans du Chimborazo. Le paysage y est sec et les herbes rases, encore un petit air de Ladakh avec le vent et les grandes étendues. Nous empruntons la plus haute route d’Equateur (4400m) et atteignons enfin la porte du parc du Chimborazo.

 

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Nous y laissons notre vélo, hélons la première voiture de passage et montons par une piste au premier refuge, d’où nous marchons jusqu’au second refuge, à 5070m d’altitude. Nous sommes à la limite de la neige et la suite du chemin nécessite un permis d’ascension. Le décor est ici lunaire, roche volcanique noire et rouge sans presque la moindre végétation. Cette fois ci, nous avons beaucoup de chance sur la météo et une superbe vue du volcan.


DSC04655.JPGVolcan Chimborazo en fond (6268m)


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Une plante amblématique du paramo : le Chuquirahua


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Limite accessible sans permis d'ascension (5070m)


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Les vigognes


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Le Curiquingue, une autre espèce spécifique du parc


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Encore des vigognes

 

Pour la nuit, les gardiens du parc nous invitent à passer la nuit à l’intérieur de leur bâtiment et nous avons une superbe chambre pour nous. Cela dit, au petit matin, on nous demande de ne pas trop trainer et on nous dit que nous n’avons officiellement jamais dormi dans le bâtiment…

 

La suite de notre itinéraire a été l’objet de nombreuses réflexions. Nous avions apprécié jusque là les nombreux petits détours nous permettant d’accéder à des coins sympathiques mais la suite du parcours vers le Sud, si nous restons dans les Andes, ne nous permet pas de sortir de la panaméricaine ce qui ne nous bote pas trop. On choisit donc de redescendre des Andes pour atteindre rapidement la frontière Péruvienne car le temps a passé plus vite que prévu en Equateur et de belles choses nous attendent encore dans les pays suivants.

 

C’est donc une descente de plus de 4000m de dénivelé qui nous amène dans la plaine équatorienne, une descente qui nous fait passer d’à peine plus de 0°C à 30°C, et où la vue des paysages volcaniques et désertiques du Chimborazo est remplacée par celle des grandes cultures verdoyantes de la plaine.

 

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Sur la redescente

 

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Retour dans la plaine

 

Bref un changement radical. Nous retrouvons vraiment ici un air d’Asie du Sud Est avec la panoplie classique : bananiers, riz, canne à sucre… L’équateur se distingue tout de même par les immenses cultures de cacao que nous n’avions vu qu’à petite échelle en Asie. L’hospitalité bât son plein durant cette première journée en plaine où l’on nous offre des fruits à de multiples reprises : bananes, ananas, pastèque, noix de coco ! En revanche, une chose ne nous avait pas manqué : la chaleur étouffante de ces plaines tropicales. Nous savons heureusement que ceci n’est que de courte durée car les Andes Péruviennes ne sont qu’à quelques jours désormais. On le savait déjà mais on préfère largement les paysages et le climat andin !

 

On s’arrête sur le bord de la route et un gros bruit attire notre attention, il semblerait que ce soit un iguane qui soit tombé de l’arbre et qui s’enfuit à toute vitesse en nous voyant. On lève la tête et on en voit plusieurs autres qui dorent au soleil sur les branches, c’est que c’est déjà de sacrées bestioles !

 

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Deux Iguanes qui dorent au soleil

 

Le contraste de niveau de vie est extrêmement frappant dans cette partie du pays. Les bâtiments gouvernementaux (école, poste de police, hôpitaux..) flambants neufs qui n’ont rien à envier aux bâtiments Français font face à des habitations extrêmement rudimentaires en bambous. De la même façon, de gros complexes avec piscine ou parc d’attractions dénotent sur le bord de la route. Il semblerait que les gens aisés de la grosse ville la plus proche, Guayaquil, viennent dans le coin pour profiter de leur week-end.

 

Les quelques journées que nous faisons en plaine nous permettent comme prévue d’atteindre rapidement la frontière péruvienne grâce à une centaine de kilomètres journaliers.



30/05/2015
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