TDM tandem

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Du 2 au 12 Mai 2015 : Le Nord de l'Equateur

 Buenos dias,

 

Ça y est nous passons la frontière avec « El Ecuador ». La Colombie avait mis la barre haute pour commencer l’Amérique latine (« Latam ») mais l’Equateur nous a réservé aussi de belles surprises.

 

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Nous débutons la visite de ce « petit » pays par le cimetière de la ville frontalière de Tulcan. Celui- ci est particulier car les jardiniers prennent un malin plaisir à tailler les haies et arbustes en faisant ressortir la forme de personnages, dieux, animaux, … Nous avons pu apercevoir de nouveau ce type de décoration sur la place centrale d’un autre village.

 

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Cimetière de Tulcan

 

Nous enchainons avec une montée vers le Paramo de El Angel, une réserve écologique. Nous atteignons le début de la zone en fin d’après midi et élisons domicile dans une cabane au milieu de ce paysage calme et magnifique. La tente montée dans la cabane, nous mangeons en face du volcan Cumbal. Le lendemain, nous repartons et passons une bonne partie de la matinée dans ce paysage extraordinaire où les Frailejon sont rois. Nous vous avons déjà parlé de ce Paramo, nature particulière qui apparait entre 3000 et 4000 mètres d’altitude dans les Andes. Pour moi, ce sera le plus grandiose que l’on ai vu et la cerise sur le gâteau, nous passons à coté d’un élevage de lamas. Le tout est époustouflant. Nous finissons par un petit tour à pied aux miradors qui donnent une belle vue d’ensemble sur deux lacs. Nous descendons pour manger à la ville de El Angel et atteindre la « Panam » en fin de journée.

 

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Paramo de El Angel


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Les premiers lamas


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Yucca au premier plan, Frailejons en fond


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Entourée de Frailejons


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En fond, le sommet enneigé du volcan Cayambe (5790m)


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Laguna El Voladero, réserve écologique de El Angel


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Fleurs de Frailejon

 

La « Panam », en Equateur est comme on nous avait un peu prévenus différente de celle qui traverse la Colombie. Ici, elle est large, les abords sont sales malgré les très nombreux panneaux dans le pays demandant de ne rien jeter pour protéger la nature. Nous avons également un vent de face. Nous l’empruntons au total environ 50km pour atteindre Ibarra et découvrir nos premières routes en « cobbles stones » (pavé de gros cailloux). La hiérarchie des routes est très visible grâce aux revêtements : Asphalte, pavé de pavés, pavé de cailloux, piste, chemin, … Il y a également la pente qui nous indique aussi à quel point les routes sont empruntées ou pas. Nous montons donc à La Esperanza, un village au pied du volcan Imbabura, par une route de cailloux avec une pente un peu trop raide à notre gout mais ce ne sera que le début de gros efforts …. D’ailleurs sur la route, un motard s’arrête à notre niveau « Vous êtes perdus ? car au bout de cette route c’est un cul de sac… ». Nous ne sommes pas perdu mais lui semble inquiet de nos plans de randonnées. Il nous invite à attendre devant sa maison jusqu’à son retour pour camper dans son jardin quelques nuits. Cet homme là, le grec de Ibarra comme il se présente, s’appelle Léonidas et vit avec sa femme équatorienne Ivania au milieu des indigènes. Un accueil chaleureux qui nous permet d’avoir l’esprit libre pour grimper le volcan Imbabura. Nous tentons le premier jour de monter par la gauche du pont (élément qui nous vaudra une seconde tentative pour l’ascension). Nous confirmons le chemin avec les locaux, un panneau nous indique la bonne direction, les descriptions du topo collent plus ou moins donc nous avançons. Ce sera au milieu des peuples « Serranos » (nom des indigènes des montagnes) que nous ferons les premiers kilomètres. Ces équatoriens natifs, comme ils disent ici, sont habillés traditionnellement avec des tenues plus ou moins farfelues, le chapeau et la tresse font partis de l’ensemble. Les femmes sont plus originales que les hommes. Mais la signification des différentes types de jupe, foulard, … sont à approfondir car très nombreux.

 

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Indigènes (nous n'aimons pas trop ce terme mais bon...)


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Je continue donc l’explication de cette montée qui se finira ce jour là sur un cul de sac à 3800m d’altitude. Ce n’est donc pas la bonne route. Tout ceci nous tracasse car nous ne comprenons pas où nous nous sommes trompés. Nous menons l’enquête pendant la redescente, ce serait surement à droite du pont qu’il fallait commencer ! Le lendemain, rebelote nous montons cette fois en taxi (=benne d’un pick up) au pied du sentier pour ne pas perdre trop de temps. La montée se fait sous un ciel qui se couvre de nuages. L’arrivée se fait dans le brouillard. Nous passons les passages escarpés avec les mains pour atteindre enfin le sommet le souffle court. Nous sommes à 4500m et cette ascension nous sert de préparation physique pour l’altitude. Nous avons réussi mais nous sommes un peu déçus de ne rien voir au sommet. En fin de journée, lorsque nous arriverons chez Leo, nous pourrons apercevoir le sommet dégagé avec le soleil. Tant pis, nous ne remonterons pas demain… Ces différentes ascensions seront l’occasion de passer plusieurs soirées avec Léo et Ivania. Léo a un parcours un peu particulier, il a fuit son pays à cause de la crise économique. Il a tout quitté pour essayer de vivre mieux ailleurs. Il nous a donc longuement parlé de la situation de la Grêce qui semble vraiment désespérée. Très compliqué pour nous qui ne sommes pas économistes mais très intéressant d’en savoir plus.

 

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Les fameux cobble stone, l'horreur du cyclo


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Ca crapahute, sur la redescente du volcan Imbabura


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Leonidas et Ivania

 

La route en cul de sac donnait bien sur une route tranquilou qui tournait autour du sommet Cubilche pour nous mener au lac San Pablo et au village de Otavalo. Ce village possède un marché avec des vêtements chauds et toutes sortes d’objets très colorés pour les touristes. Nous faisons un petit tour au milieu de cet arc en ciel et achetons de bons cols et chaussettes pour les prochaines semaines. Dans ce coin, le contraste est saisissant entre les traditions dont les indigènes sont fières et le monde dit « moderne ». Les chaussures de sport derniers cris se mélangent avec les vestons brodés. En Equateur pas mal de femmes gèrent les courses ou marchent dans la rue tout en donnant le sein à leur bébé enroulé dans une couverture polaire simultanément. Nous avions déjà vu l’allaitement durant le temps de transport en moto mais jamais cela. Les chapeaux ou les foulards remplacent le casque pour les femmes qui voyagent à l’arrière d’une moto enduro ou dans un pick up moderne. Ces mélanges d’époque nous bluffent.


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Lac San Pablo


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Marché artisanal de Otavalo


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Cette détente est stratégique pour changer nos idées avant la montée vers le lac Mojanda. Ce sera une longue journée difficile pour nous et pour le matériel qui n’en ressortira pas indemne. Nous empruntons une route en « cobbles stone » jusqu’au lac (sous les nuages), nous continuons sur quelquechose qui se voulait à l’origine être une piste de terre mais est devenu un champ d’ornières remplies d’eau et de boue. Nous poussons, déchargeons, glissons, … Nous arrivons enfin au col Fuya Fuya à 4000 m avec les pompes embouées et le vent frais d’altitude.

 

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Un rescapé...


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Laguna Mojanda


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Arrivée au col Fuya Fuya à 4000m

 

La descente est tout aussi chaotique. Nous avons une pente d’au moins 10%, des rochers, du sable, … Les disques chauffent et les pauses refroidissement à l’eau se répètent, les similis chutes se multiplient et nous obligent de nouveau à descendre du vélo. Mon pilote tient le choc malgré les crampes dans les doigts et les secousses de la piste. Nous bivouaquons dans un bosquet d’arbre au dessus de la ville de Tabacundo. Les serres de la région cultivent des roses de toutes les couleurs.

 

Nous rejoignons la ville de Cayambe en espérant trouver l’ancien chemin de fer qui nous mènera jusqu’à Quito. Nous la trouvons et faisons quelques centaines de mètres dessus avant de rejoindre la Panam. La route, comme ces derniers jours, se transforme en chemin puis en terrain marécageux. Nous tentons à plusieurs reprises de récupérer cette piste qui semble plus sympa en termes de relief et de circulation par rapport à la Panam. Les embuches sont nombreuses (insécurité, partie in empruntable, …) mais nous arrivons à Yaruqui et enfin suivons la Linéa Ferréa. Le chemin s’améliore à mesure que nous nous rapprochons de la capitale mais comme pour la laguna Mojanda, cet itinéraire semble plus adapté aux VTTistes qu’aux cyclovoyageurs. Nous traversons des tunnels et les maisons se transforment petit à petits en résidences fermées, gardées, barbelées et électrifiées. Nous avions déjà vu cela sur les hauteurs de la ville de Ibarra. Ces quartiers résidentiels font penser aux banlieues nord américaines où la population est assez aisée et semblent bien loin des préoccupations du reste du pays.

 

Au passage, nous coupons la ligne de la moitié du monde où certains locaux s’approprient un peu trop un poteau avec marqué dessus latitude 0’0’0’. Enfin bref…

 

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Nous arrivons à Cumbaya au pied de Quito qui est perché à 2800m d’altitude. Pedro, Juliana, Ana et Andres nous attendent de pied ferme. Ils se sont proposés très gentiment pour nous héberger pendant plusieurs jours dans leur très jolie maison. Nous profitons du confort, du calme, des infrastructures, … pour recharger les batteries. J’ai oublié de vous préciser que nous avions eu des courbatures de « malades » pendant 3 jours après la vraie ascension du volcan. Parenthèses fermées. Comme d’habitude, les journées d’arrêt ne sont pas des plus reposantes car nous utilisons ces moments pour visiter et se mettre à jour de tout, en tout cas on essaie. Nous passons une journée à Quito, où nous nous promenons dans le centre de la vieille ville. Nous essayons en vain aussi de me trouver de nouvelles chaussures. Nous pensions que les grands pieds de Laurent seraient un problème, finalement ce sont mes minis pieds qui le sont.


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La basilique


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Plaza grande


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Quito

 

Nous passons d’agréables moments avec nos hôtes avec qui nous partageons nos spécialités culinaires respectives. Crêpes et quiche pour nous et almuerzos (repas du midi), soupes locales et prostre classique (dessert) de leur coté. Ils s’occupent encore très bien de nous et nous repartons très contents même s’il est toujours difficile de repartir d’un endroit aussi reposant.

 

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Ana, Juliana et Pedro savourant des crêpes Françaises et un vin Argentin

 

Nous vous laissons sur ces quelques paroles en vous souhaitant une bonne journée.






 



20/05/2015
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