TDM tandem

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Du 7 au 20 Avril 2015 : Le centre de la Colombie

Alors résumons le trajet qui nous a permis de rallier le Vietnam à la Colombie en quelques lignes. Nous avons, après une annulation de vol et un retard de celui de remplacement, atteint Paris avec un jour de retard.

 

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On ne pouvait pas passer en France sans déguster un gratin de pommes de terre et son magret de canard !

 

Une escale supplémentaire à Rio de Janeiro et un déminage du sac de la remorque ont fait également parti de la cinquantaine d’heure de voyage qu’il nous a fallu pour atteindre notre objectif : Bogota. Chaotique est le mot pour qualifier ce parcours à la dizaine de changements. Nous sommes arrivés à la capitale sur les rotules avec 12h de décalage horaire dans les pattes. Nous avons donc plutôt usés les sacs à viande que les semelles de nos chaussures dans cette ville située à 2500m d’altitude.


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Place Bolivar à Bogota


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Les rues colorées de la capitale


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Nous avons tout de même pu apercevoir de nouveau les couples dans la rue se câlinant. Une chose disparue de notre quotidien depuis le milieu de l’Europe. Bisous, piercings, décolletés, strings, formes généreuses habillées de tenues moulantes sont présents dans les rues pavées de la capitale. Une ville partagée entre un vieux quartier aux façades colorées et des quartiers résidentiels aux airs de banlieues américaines. Les routes forment un quadrillage de diagonales, de transversales et d’avenues allant de la numéro 1 à la … Les centaines de bus se suivent et forment une ligne continue sur la partie centrale de la chaussée qui leur est réservée. Les supermarchés nous font tourner la tête. Nous ne savons pas quoi choisir dans chacun des rayons, et n’avons plus l’habitude d’avoir des prix fixes. Ils ne sont plus donnés à la tête du client et la carte bancaire est utilisable.

 

La langue de nos prochains mois : l’Español. Je ressors mes quelques restes de cette langue de mes années scolaires. Nous commençons donc par baragouiner, mélangeant anglais, français et espagnol. Les discussions sont parfois rigolotes. Nous rencontrons des cyclistes dans la ville dès le premier jour et dormons à partir de la deuxième nuit chez Sebastian, warmshower et cycliste. Un bel accueil avec un chocolat chaud colombien réalisé dans les règles de l’art et sucré à la panela (pain de sucre colombien). Malheureusement ce séjour chez lui s’est terminé avec un disque de frein arrière plus que voilé (défoncé) à cause d’un déplacement de vélo avec câbles de sécurité dans les rayons et chaines et une remorque encastrée dans le disque de frein arrière. Sébastian a préféré bouger le vélo sans venir nous chercher… no comment sur ce passage dont on ne comprend toujours pas les raisons … résultat des courses : un disque voilé, impossible de régler les freins et pédalage difficile à cause des frottements très, trop importants… Une matinée de semi réparation à l’issue de laquelle nous pouvons prendre la route. Nous sommes bien entendu ravis et détendus pour quitter cette ville engorgée, au soleil brulant. Nous avançons les nerfs à vifs au milieu des bouchons jusqu’à la ville de Soacha réputée pour sa circulation. Les genoux n’en peuvent plus et l’estomac crie famine. Nous recommençons donc les pique-niques de bord de route dans des lieux improbables qui ne font pas toujours très envie. Une foie ce réconfort ingurgité, nous commençons à nous éloigner de la banlieue de Bogota qui après avoir eu des airs de quartier mexicain de Las Vegas prend l’allure des abords de Izmir en Turquie. Les habitations sont implantées sur les collines alentours et la route de 2 fois 2 voies draine encore beaucoup de camions.

 

Les kilomètres défilent dans cette journée qui nous parait improbable. Au lieu de descendre, nous montons. Nous retrouvons le brouillard, la pluie, le frais et nous atteignons enfin le haut de la montagne. Un rayon de soleil et la rencontre de Martha qui nous offre la nuit dans une de ses chambres d’hôtel à la place d’un emplacement de camping sur son terrain. La verdure est réapparue et les pâturages sont immenses. La nuit nous apporte un grand réconfort. Les prochains jours nous apporteront d’autres belles rencontres sur cette route vallonnée qui n’en finira pas d’être belle.

 

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Elise avec Martha

 

Nous passons de jolis villages colorés aux scènes de vie détendues. Aucune façade se ne ressemble et les routes secondaires ne sont plus pavées. Au bord de la route, Sergio répare sa chambre à air de vélo. Nous nous arrêtons pour voir si tout va bien. En échange, il nous invite à passer un samedi avec sa famille dans son paradis du week-end. Un parc magnifique au calme qui n’est gêné que par le chant des oiseaux. La maison surplombe un lac au milieu d’une forêt où seulement quelques maisons sont implantées. Sa famille nous bichonne avec un repas de burritos excellents, des tours de « paddle » et de bateau avec Ana maria, des baignades, …

 

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Vue depuis la chambre !


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Un peu trop dur la vie !


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Famille Carrasco

 

La soirée se termine autour d’un verre d’Aguadiente, le pastis local, chez les voisins. La discussion tourne en partie sur le pourquoi aller à Neiva, une des ville qui se situe sur notre route ? Pour nous une simple ville de passage, pour les colombiens une situation un peu difficile à comprendre car à Neiva, il n’y a rien à faire si ce n’est profiter des restaurants au bord du Rio Magdalena.  Enfin bref, de très bons moments.

 

Nous repartons le lendemain après un excellent petit déjeuner. Nous roulons sur des routes ombragées bordées de rizières et manguiers avec cette fois d’énormes fruits aux allures de virgules rouges.

 

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Nous campons dans le jardin de gentilles familles. Les fils barbelés qui entourent systématiquement les champs de vaches et de chevaux sont un grand frein pour nos bivouacs. Les mises en garde sont également nombreuses de la part des locaux sur la sécurité. Le mot « Peligroso » (dangereux) ressort plusieurs fois par jours. Pas toujours rassurant mais les paysages et les petites bicoques font la balance avec les « attaques » éventuelles que l’on nous annonce.

 

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Nous avançons petit à petit et souhaitons accéder au désert de la Tatacoa. Ce lieu est censé être facilement accessible car touristique. En poche, nous avons une carte de Colombie offerte par l’office du tourisme de l’aéroport et quelques mots « d’español » pour atteindre notre objectif que nous croyons « easy » (facile). Détrompez vous ce sera la découverte d’un pays pleins de surprises. Les choix sont tout d’abord évident puis de moins en moins. Synthétisons les faits, la route principale équipée d’un pont, et qui n’est autre qu’un chemin se révèle introuvable et nous est formellement déconseillée par les locaux qui l’évite eux même la considérant dangereuse. Nous optons donc finalement pour une traversée du rio Magdalena, évitant ainsi des pistes reculées. La première tentative se révèle un échec, le passeur s’emportant un peu sur le prix à la vue de nos minois d’étranger.

 

Après de longues réflexions, ce casse tête « chinois » prend fin à Aipe. Nous prenons un autre canoë qui nous a fait vivre une situation hors du temps. Ce bac est théoriquement prêt du centre ville et régulier. Nous marchons donc à travers le village. Une belle église blanche, une place centrale bordée de vendeurs de jus de canne, une descente bétonnée qui se transforme en un chemin de terre étroit, tous les éléments nous mettent le doute. Nous avons le vélo qui dort tranquillement dans la cours de l’hôtel en sécurité, nous continuons donc avec un petit pont de bambous puis un autre pont puis un champ où des chemins partent dans tous les sens et une porte en bois au milieu du champ. Derrière : un chemin mais ça ne peut pas être là, ce n’est pas possible !! si si c’est bien là, des locaux confirment. Nous passons la porte, passons dans les bois et au milieu de cannes à sucre. Voilà, la rivière est en vue. Beaucoup de courant, nous ne traverserons pas à la nage même si on se demande si ce ne serait pas plus simple… Lieu improbable pour prendre un bateau qui n’est pas là. On nous dit d’attendre qu’il revienne. On finit par crier, en espérant qu’il nous entende sur l’autre rive même si nous ne l’avons pas en vue. Finalement, le prix semble plus raisonnable, la décision est prise nous reviendrons avec le vélo et nous dormirons dans le désert où le ciel étoilé semble être inloupable. La traversée est improbable, on nous dépose au bout du village de Villavieja. Celui-ci est vraiment authentique. Nous atteindrons le camping recherché avec deux cyclistes brésiliens. Les derniers kilomètres se font dans un cric crac de passage de vitesse dans une montée aux paysages époustouflants.

 

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Accès au canoé

 

Ça y est nous sommes au désert. Nous roulons sur une route jalonnée de cactus et de roches rouges dignes des grands parcs de l’ouest américain.

 

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Le désert gris


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Le désert rouge

 

Pour clôturer ce long paragraphe, le coucher de soleil a bien laissé la place à un ciel étoilé et dégagé, comme on nous l’avait décrit.

 

Nous gardons le cap, direction le sud de la Colombie avec la Cordillera Centrale à franchir où le risque de « choper » le Chikungunya est censé nous quitter à partir de 2000 mètres d’altitude. La route évolue au milieu de beaux paysages verdoyants.

 

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L'église du village de Inza

 

L’eau ne manque pas dans le coin et les nuages menaçants non plus. Par chance, il pleut la nuit et les familles sont toujours très accueillantes. Nous recevons pour les repas du bon café colombien, du lait frais des vaches de la ferme, des fruits du jardin, des yaourts maisons… La route monte et se transforme en piste, le rythme alors se ralentit. Nous nous arrêtons au passage faire quelques courses dans les gros villages. Le soleil brulant alterne avec des bruits de tonnerre. Nous avons des pauses boissons mais également des pauses mécaniques, ça faisait longtemps. Sur la route pour Popayan, nous visitons le parc archéologique de Tierradentro à proximité du village de San Andres de Pisimbala. Nous avions fait le choix de ne pas passer par San Augustin, un autre site similaire donc nous visitons ce site à pied à travers des tombes datant de 500 après JC, disséminées à travers la montagne. L’infrastructure y est étonnante. Perdue au milieu de nulle part, on nous propose carte pour se repérer, ainsi que des panonceaux et des aménagements prévus pour le visiteur. Insolite de retrouver une organisation comme celle – ci, depuis tout ces mois où le simple fait de voir une cascade minuscule était payant et surtout sans la moindre explication disponible.

 

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Zones peintes


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La descente pour la visite d'une des tombe

 

Au milieu de ces villages, nous croisons des cavaliers fiers sur leurs chevaux, de magnifiques bus tout terrain chargés encore plus qu’en Asie, des villageois à la peau couleur cacao. La Colombie est pour le moment authentique avec son café, son chocolat, sa musique enjouée et ses cochons à déguster sur le long des routes où la circulation réduite nous permet d’apprécier le chant des oiseaux aux couleurs exotiques. Nous avons eu la chance de voir un vol de perroquets, en partant un matin et le vol stationnaire magique de colibris.

 

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Pause limonade maison, excellente au passage !

 

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Graines de café en plein séchage


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Cacaoier

 

Après cette visite de site archéologique, nous reprenons la montée. Celle-ci est parfois en piste, en chemin, en chantier, inondée et même embouée. Cela nous a valu quelques petits glissements, le pilote allait d’un coté et moi accompagnée de la remorque de l’autre coté.

 

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Les pneus lisses, pas très efficaces dans la bouillasse !


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Par contre, ici on passe mieux que les voitures !

 

Les habitants s’inquiètent pour nous et nous annonce des kilométrages pour le col pour le moins aléatoires. Le long de la route, les maisonnettes et villages diminuent voire disparaissent. A 18h et 2000 mètres de dénivelés positifs, nous n’avons toujours pas atteint le sommet. Mais là sur le bord de la route, une bâtisse, une seule, un restaurant où la cheminée fume et la lumière est allumée. Nous nous arrêtons car c’est notre seul espoir pour le couchage de ce soir. Losila sort avec le sourire et le repas nous attend. Le restaurant que nous avons passé dans l’après midi lui a téléphoné et prévenu de notre venue. Nous dormons dans un lit douillet avec des draps molletonnés et atteignons le lendemain le col sous le soleil, entourés de champs de Frailejon. Ces espèces ne vivent que dans le Pàramo, zone d’altitude des hauts sommets andins. Nous sommes en effet à 3370m. Ces paysages nous récompensent pour nos efforts. Les nuages et la pluie nous accompagnent jusqu’à Popayan mais la chaleur revient vite à mesure que l’altitude diminue. Nous étions trop bien là haut, de toute façon on a bien l’intention d’y retourner. Nous n’en sommes qu’à nos débuts dans la Cordillère Centrale.

 

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Devant le restaurant de la cascade


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Le Paramo



30/04/2015
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